Nội dung text 12. Cocci Gram positif et négatif (Réo, R.S)
RYM SD DELL 1 Cocci Gram+ et Gram- Généralités sur les cocci à Gram positif : -Les cocci à Gram positif sont des bactéries de forme sphérique, d’apparence violette sous le microscope après coloration de Gram. Ils s’organisent le plus souvent soit en amas, ce sont les staphylocoques, soit en chaînette, ce sont les streptocoques et les entérocoques. -Les cocci à Gram positif peuvent être différenciés, mise à part en microscopie, par leurs caractéristiques biochimiques. En effet, certains d’entre eux produisent une enzyme : la catalase, capable de dégrader l’eau oxygénée H2O2 en eau et en oxygène. Un test est rapidement effectué en laboratoire pour vérifier la présence ou pas de cette enzyme chez la souche étudiée, c’est le test à la catalase. L’on dépose une goutte d’eau oxygénée sur une lame, et l’on dépose par-dessus également un petit inoculum bactérien. Le test est positif si des bulles apparaissent. Les bactéries qui produisent cette enzyme sont dites catalase positives, ce sont les staphylocoques. Celles qui ne la produisent pas sont à l’inverse dites catalase négatives, ce sont les streptocoques et les entérocoques. A – Staphylococcus: Introduction: -Les staphylocoques sont des cocci à Gram positif qui tendent à se grouper en amas dits en grappes de raisin nets dans des préparations faites à partir de cultures sur milieux solides. -Ils poussent aisément sur milieux usuels (c.a.d peut se développer facilement sur des milieux couramment utilisés en laboratoire pour cultiver des microorganismes)
RYM SD DELL 2 -Ils sont catalase positifs et oxydase négatifs, aérobies-anaérobies facultatifs (peuvent survivre et se développer dans des environnements à la fois aérobies (en présence d'oxygène) et anaérobies (en absence ou en présence limitée d'oxygène). Ces bactéries sont dites "facultatives" car elles peuvent passer d'un métabolisme aérobie à un métabolisme anaérobie en fonction des conditions environnementales), fermentant le glucose sans gaz (c.a.d capables de métaboliser le glucose par fermentation, mais elles n'émettent pas de gaz comme sous-produit de ce processus métabolique. La fermentation est une voie métabolique anaérobie dans laquelle les bactéries dégradent les glucides en l'absence d'oxygène pour produire de l'énergie). -Une espèce, Staphylococcus aureus (staphylocoque doré), tient une place très importante dans les infections communautaires et nosocomiales. -Les staphylocoques sont différenciés entre eux par la fabrication ou non d’une enzyme : la coagulase. Elle a la capacité de « coaguler » le plasma sanguin par fibrinogenèse. Un test rapide permet de mettre en évidence sa présence : le test à la coagulase. L’on dépose un inoculum bactérien sur une lame qui a été imbibée de plasma sanguin. Le test est dit positif s’il y a agglutination. Si le test est positif, le staphylocoque est dit à coagulase positive, il s’agira de Staphylococcus aureus. S’il est négatif, le staphylocoque est dit à coagunase négative (SCN) et il pourrait s’agir de Staphylococcus epidermidis ou de Staphylococcus saprophyticus. I – Staphylococcus aureus: La bactérie cultive facilement sur les milieux usuels et aussi sur des milieux riches en NaCl. Elle doit son nom d’espèce à l’aspect pigmenté de ses colonies. Elle possède une coagulase (enzyme provoquant la coagulation du plasma), ce qui la distingue de la plupart des autres espèces de staphylocoques, et peut produire de nombreuses toxines. 1 – Habitat : La bactérie est très répandue chez l’homme et dans de nombreuses espèces animales. Chez l’homme, environ un tiers des sujets sont des porteurs sains qui hébergent la bactérie au niveau des muqueuses (principalement les fosses nasales) et des zones cutanées humides (périnée, aisselles). 2- Transmission : la transmission interhumaine s’opère généralement par contact direct (manu portage=par les mains). Elle peut aussi être indirecte par les vêtements, la literie ou les aliments. Des épidémies à caractère nosocomial peuvent survenir. 3 - Pouvoir pathogène: panaris a- Lésions suppurées : Les plus fréquentes sont cutanées et sous-cutanées : folliculite (follicule pileux: papulo-pustule), furoncle (infection bactérienne profonde d’un follicule pileux), anthrax (résultant de groupement de plusieurs furoncles), impétigo bulleux, panaris, surinfection de plaies traumatiques ou postopératoires, mastites chez les femmes qui allaitent. S. aureus tient également une place dominante dans les infections osseuses primitives (ostéomyélite) ou post- chirurgicales, ainsi que dans les arthrites suppurées. Des atteintes pulmonaires peuvent s’observer chez le nourrisson et chez les malades sous ventilation assistée, elles peuvent parfois se compliquer de pleurésie purulentes.
RYM SD DELL 3 b- Septicémies et endocardites : Les lésions suppuratives peuvent se compliquer de septicémie. -Une forme particulière est la staphylococcie maligne de la face. Elle a pour origine un furoncle de la lèvre ou de la narine. -En milieu hospitalier, les septicémies à S.aureus représentent une proportion importante des septicémies d’origine nosocomiale. La porte d’entrée est souvent un cathéter intra vasculaire. Toutefois certaines septicémies surviennent sans porte d’entrée apparente. -Les septicémies à S. aureus se compliquent volontiers de métastases septiques notamment au niveau du poumon et de l’appareil ostéo-articulaire, plus rarement au niveau de l’appareil urinaire ou du système nerveux central. La complication le plus redoutée est l’endocardite infectieuse, apparaissant sur une valve préalablement lésée, et aboutissant à une destruction complète de la valve atteinte. Si le traitement antibiotique n’est pas prescrit à temps, la chirurgie est inévitablement envisagée. c- Manifestations d’origine toxinique : -S. aureus est responsable d’intoxications alimentaires à incubation courte (quelques heures). Ces intoxications sont dues à l’ingestion d’aliments contaminés par le personnel les manipulant et conservés trop longtemps à température ambiante. -L’infection à S. aureus est parfois à l’origine d’un syndrome dit de choc toxique staphylococcique. Ce syndrome associe une fièvre élevée, un rash scarlatiniforme (éruption cutanée), de la diarrhée et une hypotension accompagnée de signes de défaillance polyviscérale. Il est parfois cause de mortalité. Le point de départ peut être d’une suppuration localisée à S. aureus. -Dans certains cas, l’infection staphylococcique peut s’accompagner d’une éruption scarlatiniforme sans état de choc associé. -L’infection cutanée à S. aureus peut se traduire chez le nouveau-né par une dermite exfoliatrice (maladie de Ritter) et chez le nourrisson par un syndrome sévère dû à un décollement étendu de la couche superficielle de l’épiderme (aspect de peau ébouillantée). Maladie de Ritter von Rittersheim Ou dermatite exfoliatrice du nouveau-né, est une maladie infectieuse due au Staphylococcus aureus. C’est une staphylococcie dite toxinique, où c’est l’exotoxine seule qui est là cause des symptômes, qui touche plus volontiers les bébés à la naissance, surtout en cas d’épidémie dans les maternités. Elle se manifeste par un décollement épidermique accompagné d’une intense altération de l’état général. La mortalité est de 15%. Ce syndrome est aussi appelé syndrome de la peau ébouillantée. 4 – Facteurs de pathogénicité : a- Protéine A : La paroi de S. aureus contient un constituant, la protéine A, qui a la propriété de fixer les immunoglobulines G par leur région Fc, ce qui pourrait interférer avec leur action opsonisante (La bactérie échappera à l’opsonisation par les anticorps (qui rappelons-le nécessite la reconnaissance et la liaison à l’antigène par le fragment Fab). b- Adhésines : La bactérie possède des adhésines et un récepteur pour la fibronectine qui jouent un rôle dans son adhésion aux tissus (en particulier aux valves cardiaques) et au matériel étranger. Elle possède aussi un récepteur pour le fibrinogène (Clumping Factor)
RYM SD DELL 4 C- Enzymes : S. aureus produit différentes enzymes qui peuvent favoriser sa diffusion et une coagulase qui favorise la constitution de thrombophlébites septiques. D- Toxines : S. aureus peut produire de nombreuses toxines : 1-hémolysines : toxines à action cytolytique 2- leucocidine : cytolytique pour les cellules phagocytaires, elle est habituellement présente dans les souches provoquant des furoncles et joue un rôle important dans la formation de pus. 3-Entérotoxines : il existe 6 variétés ayant des spécificités immunologiques différentes (désignées par les lettres A à F) mais possédant les mêmes activités biologiques. Ces exotoxines protéique sont thermostables et résistent aux enzymes digestives. Ces dernières libérées dans les aliments sont responsables d’intoxications alimentaires. Une toxine particulière, TSST-1 (Toxic Shock Syndrome Toxin), est impliquée dans la majorité des cas de syndrome de choc toxique staphylococcique. 4-l’exfoliatine (il existe 2 variétés A et B) est responsable du décollement intra-épidermique observé au cours de l’impétigo bulleux (infection cutanée superficielle bactérienne très contagieuse ). 5 – Diagnostic bactériologique: a- Diagnostic direct: Il repose sur l’isolement de la bactérie au niveau des lésions ou par hémoculture en cas de septicémie. Des milieux sélectifs (milieux chapman) peuvent être utilisés pour des prélèvements portant sur des régions où la flore commensale est abondante. -Dans des cas très particuliers, des laboratoires spécialisés peuvent rechercher si la bactérie isolée possède ou non des toxines pouvant expliquer le tableau clinique. -L’étude de la sensibilité aux antibiotiques est indispensable, en particulier la recherche du caractère méti-R (résistantance à la méticilline) qui nécessite des techniques particulières. b- Diagnostic indirect: Le dosage des anticorps antistaphylococciques n’est réalisé qu’exceptionnellement : intérêt dans certaines infections d’évolution subaiguë décapitées par une antibiothérapie mal adaptée. Il ne remplacera jamais le diagnostic direct qui reste le meilleur moyen d’identification des germes. 6 – Traitement et prévention: -Le choix de l’antibiothérapie sera guidé par l’antibiogramme et le contexte clinique. -Les souches communautaires sont généralement résistantes aux pénicillines G et A mais sensibles aux pénicillines M (et aux céphalosporines). -Elles sont souvent sensibles aux macrolides, aux synergistines et aux fluoroquinolones. -Parmi les souches isolées en milieu hospitalier, environ un tiers sont résistantes à toutes les bêta-lactamines (souches méti-R) et sont en règle multirésistantes. Souvent seuls les glycopeptides restent actifs sur ces souches. 7-Prévention: La prévention des infections nosocomiales repose sur un strict respect des règles d’hygiène et en particulier le lavage des mains. Il n’existe pas de vaccination efficace. II – Autres staphylocoques: Ils sont parfois désignés sous le nom de staphylocoques à coagulase négative. Leur identification repose sur des caractères biochimiques. L’espèce la plus couramment isolée est S. epidermidis.